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La Cathédrale, église mère du diocèse

Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, entrez dans la construction de la Maison habitée par l’Esprit, pour constituer une sainte communauté sacerdotale, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ. (1ère Lettre de Pierre 2, 5).

En ce temps liturgique de la Nativité du Seigneur, je suis vraiment heureux de souhaiter à chacune, à chacun d’entre vous mes vœux de bonheur, de joie, d’action de grâce pour les multiples bénédictions données par le Seigneur. En cette année civile 2009, nous aurons des moments de plénitude et des épreuves, comme tous les êtres humains. En même temps, nous percevrons davantage ce que le Seigneur nous propose, ce qu’Il attend de nous pour communier aux joies et aux espérances de nos contemporains. Je remercie, d’une manière tout-à-fait particulière, les coopérateurs de l’évêque que sont les prêtres, les diacres, les animateurs en pastorale et tous les fidèles laïcs du Christ qui exercent leur mission, leur fonction au service du diocèse de Tournai. Je suis proche de tous ceux qui sont engagés dans la vie consacrée, quelle que soit la forme de leur engagement ecclésial. Je suis plein d’admiration pour les fidèles laïcs du Christ qui, en famille, dans le cadre de l’activité professionnelle, dans les lieux de loisirs, de sports, en politique, dans le domaine social, culturel et autre, témoignent du monde nouveau que le Christ inaugure en venant en ce monde. Je suis proche de tous ceux qui passent par l’épreuve, dans les domaines de la santé, de la vie affective, de la séparation par la mort.

En contemplant les multiples initiatives de quantité de personnes, de groupes, d’associations dans le diocèse au cours de l’année écoulée, je rends grâce au Seigneur pour le travail remarquable des unités pastorales. Des échos réguliers me reviennent sur les assemblées catéchétiques. Elles sont pour beaucoup, des familles, des jeunes, des signes d’espérance, des moments de communion profonde. Pas mal de personnes engagées dans des combats pour la justice, l’accompagnement des fragilisés de la vie, l’éducation des jeunes, la construction de la paix, l’écoute des détenus témoignent de la vitalité de l’Evangile en Hainaut. Avec les nombreux conseils et équipes de la vie ecclésiale, nous cherchons à nous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu afin de travailler comme ouvriers à la moisson, à la vigne du Seigneur.

Beaucoup de sessions, de journées de formation, en de multiples domaines de la vie pastorale ont été mises sur pied, en particulier depuis septembre 2008. Elles furent pour beaucoup des moments forts. Même à l’extérieur du diocèse des personnes m’ont fait part de leur admiration.

Dans cette action de grâce, je voudrais vous faire part d’un souci et, en toute simplicité, je demande votre aide pour discerner la signification de la Cathédrale comme église mère du diocèse. Non pas que je désire faire venir tout le monde à la Cathédrale – c’est le Christ qui attire à Lui tous les êtres humains – mais je voudrais voir clair à propos de la signification ecclésiale de ce lieu.

De quoi s’agit-il ?

Lors de ma nomination au siège épiscopal de Tournai, la Cathédrale était fermée. La question du lieu de l’ordination s’est posée. En effet, depuis des mois, la liturgie du Chapitre cathédral était célébrée en l’église Saint-Jacques à Tournai. On se souvient que les funérailles de Mgr Jean Huard avaient été célébrées en cette église, en octobre 2002. Après une concertation assez rapide avec les autorités civiles, il est apparu que l’ordination du nouvel évêque devait avoir lieu à la Cathédrale, et non pas, comme je l’avais suggéré, à la Collégiale Sainte-Waudru à Mons, l’église la plus vaste du diocèse, après la Cathédrale. Pour tous ceux qui ont un peu de mémoire, la Cathédrale était, en mai 2003, un champ de fouilles ainsi qu’un pigeonnier qui retentissait des roucoulements des couples volatiles. Dans le dédale des échafaudages et des constructions récentes des ingénieurs, qui craignaient l’écroulement de la partie gothique et le basculement de la tour Brunin, de la partie romane, quelques Chanoines courageux se frayaient un chemin pour célébrer, de manière quotidienne, l’eucharistie dans la chapelle du Saint-Esprit, un peu après neuf heures du matin. Selon l’agenda du Chapitre, l’hebdomadier présidait la liturgie, animée pour le chant par un Chanoine d’un âge vénérable, Abel Delzenne. Pour ce qui est de la conservation de la Cathédrale et de son Trésor, un Chanoine très éminent, Jean Dumoulin, tenait le pot droit, en collaboration avec un Professeur d’Université, Jacques Pycke, attelé à la mise en valeur des Archives. Avant la fermeture de la Cathédrale, des associations avaient vu le jour : les Anges Gardiens (tous bénévoles) pour l’accueil des touristes et les Amis de la Cathédrale (une asbl) pour la mise en valeur de quelques pièces patrimoniales.

Depuis le début des années 1990, les représentants de la Province de Hainaut avaient pris des initiatives pour la restauration de l’édifice. Certes, régulièrement, quelques personnes faisaient de temps en temps publier par les médias le souhait de faire de la Cathédrale un parking pour les voitures. Certes, tout aussi régulièrement, des pointeurs non attitrés révélaient le nombre des participants à la liturgie du dimanche. Certes, de manière récurrente, des passionnés de la culture s’étonnaient de la pauvreté du lieu, abandonné comme un grenier percé de trous pour laisser entrer les pigeons et les rats. Dans les années 1990, la restauration a consisté dans le choix d’un responsable chargé des études, Vincent Brunelle, de la mise en œuvre des séquences avec les pouvoirs publics, en bonne intelligence avec le chef de culte.

Au milieu de ces multiples structures, le conseil de fabrique de l’église-cathédrale essayait de se situer. Présidé par le doyen du Chapitre, Joseph Bourez, il parait au plus pressé pour, selon le Guide du Fabricien, veiller au bon fonctionnement des membres du personnel et suivre les initiatives prises par les représentants de la Province de Hainaut, qui, depuis la Révolution Française et le Concordat, est considérée comme le propriétaire de la Cathédrale.

Dans ce dédale de responsables et d’institutions, la Maîtrise de la Cathédrale poursuivait ses prestations liturgiques contre vents et marées, quelques dimanches et jours fériés par an. Il est vrai que la Maîtrise en avait vu d’autres au cours de ses mille ans d’âge.

Cependant, quand on regarde d’un peu plus près, il manque à cette description plusieurs acteurs d’importance. D’abord les représentants de la Région Wallonne, de la Ville de Tournai et de l’IDETA. La Région Wallonne intervient pour le financement (le budget) de la restauration. La Ville de Tournai a un lien institutionnel avec la Cathédrale depuis des siècles, pour le tourisme et la culture, et bénéficie des retombées économiques de ceux-ci. L’Intercommunale de Développement Economique du Tournaisis (IDETA) a, parmi de multiples missions, la mise en valeur économique de quantité de sites, dont celui de la Cathédrale. L’autre acteur est l’évêque de Tournai lui-même. En effet, les édifices successifs construits sur le lieu actuel de la Cathédrale ont, toujours, sans interruption, été considérés comme l’église de l’évêque.

Un élément déterminant est intervenu depuis près de dix ans : l’inscription de la Cathédrale de Tournai dans le Patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce sont, il faut le reconnaître d’emblée, les Tournaisiens qui ont  fait le maximum pour atteindre cet objectif.

En arrivant à Tournai comme évêque récemment nommé, en mai 2003, j’ai été d’emblée confronté à de multiples questions liées à des considérations civiles, politiques et ecclésiales.  Avec Mr Théo Verheyden, membre émérite de la Cour de Cassation et laïc catholique convaincu apprécié de Mgr Himmer et de Mgr Huard, j’ai fait le tour de toutes les questions qui se posaient. Manifestement, il fallait trouver des lignes de convergence au sein de toutes les associations qui avaient comme objectif le bien de la Cathédrale. Dans ce but, j’ai mis sur pied une rencontre à laquelle tous les acteurs ont été conviés, le 18 décembre 2003, à l’Evêché. Grâce à cette rencontre, une multitude d’initiatives nouvelles ont vu le jour.

Le Conseil de fabrique de l’église-cathédrale a été renouvelé. Il est composé aujourd’hui de Michel Dumortier, Yves Harvengt, Dominique Henno, Daniel Lamblin, Pierre Mariage, Madame Elisabeth Midol, le Chanoine Pierre-Louis Navez, le Chanoine Michel Vinckier, et moi-même. Le Chanoine Giorgio Tesolin est, pour le moment, empêché.

Liturgie à la Cathédrale

Un lieu de culte est édifié afin que la liturgie puisse s’y déployer. Grâce à la collaboration de quelques personnes nouvelles, les assemblées du dimanche ont rapidement pris une grande ampleur. Au point que la Chapelle du Saint-Esprit a été trop exiguë. Le déplacement vers la partie romane de la Cathédrale s’est fait sans problème. Dans le même mouvement, la liturgie de semaine a été célébrée dans l’oratoire prévu à cet effet par Mgr Huard. Enfin, fort de mon expérience pastorale à Mons, j’ai demandé au Chapitre d’assurer la célébration du sacrement de réconciliation et de pénitence le samedi matin et de célébrer la liturgie eucharistique, en semaine, à midi, pour les personnes qui ont une activité professionnelle. Suite à ma demande d’organiser, dans tous les lieux de culte du diocèse, une heure d’adoration régulière pour demander des vocations sacerdotales, une heure d’adoration eucharistique a lieu chaque semaine, le samedi matin.

Un peu à la fois, la liturgie en l’église cathédrale a permis de préciser la mission de chacun des acteurs de la liturgie : l’orgue, le chant, l’animation, les lecteurs et l’évêque. La mise en route d’une équipe liturgique et les relations régulières entre le vicaire épiscopal Michel Vinckier, également Chanoine ; l’organiste, Etienne Walhain ; les chantres, Isabelle Mees et le Chanoine Philippe Vermeersch ; le Maître de chapelle, Eric Dujardin ; la Maîtrise, pour adultes ; la Manécanterie, pour les jeunes ET l’assemblée sans cesse croissante ont permis de franchir des pas immenses. Parmi les grands moments, qui sont bien appréciés, je ne fais que signaler la solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie ; de la Nativité du Seigneur (eucharistie de minuit et eucharistie du jour) ; de la Maternité de Marie ; de l’Epiphanie ; la fête du Baptême du Seigneur ; l’entrée en Carême ; la solennité de l’Annonciation du Seigneur ; le Dimanche des Rameaux et de la Passion ; le Triduum pascal ; la solennité de la Résurrection du Seigneur ; de l’Ascension du Seigneur ; de la Pentecôte ; de la Dédicace de la Cathédrale, le 9 mai ; de l’Assomption de la Vierge Marie ; la Procession de Tournai, le deuxième dimanche de septembre ; la solennité de Tous les Saints ; la Commémoration des Fidèles Défunts ; la fête de sainte Cécile ; la solennité du Christ, Roi de l’Univers. Dans ce calendrier, que toutes les paroisses connaissent, je mets en exergue la veillée pascale ; la confirmation des adultes durant le temps pascal ; la vigile de Pentecôte ; la mémoire des deux évêques Himmer et Huard, le 4 octobre.

La liturgie, le culte, est une réalité que les pouvoirs publics ne contestent plus. La Cathédrale est ouverte depuis 2003 à tous, y compris aux catholiques qui y célèbrent la liturgie. Sur ce point, il n’y a pas moyen de revenir en arrière.

Culture à la Cathédrale

Il est vrai que la majorité des acteurs qui prennent soin de la Cathédrale estiment que cet édifice est un lieu culturel de prestige international. La Ville de Tournai l’a bien compris en proposant la mise en valeur du quartier cathédral. La Province de Hainaut a décidé que la Cathédrale devait manifester le rayonnement de la culture occidentale dans le monde. Des initiatives budgétaires ont été engagées. La Région Wallonne n’a pas été en reste. Grâce à l’appui de personnalités de premier plan, au plan politique, des crédits ont été votés par le Parlement Wallon en juillet 2008. Je leur dois une immense reconnaissance.

Le rapt de la Croix Byzantine, pièce maîtresse du Trésor de la Cathédrale, en février 2008, montre que le patrimoine religieux n’a pas encore reçu la protection auquel il a droit. Des initiatives avec les pouvoirs publics vont être prises dans les mois qui viennent.

Il me semble que nous avons, nous catholiques, à bien discerner ce que cet édifice représente au plan symbolique. Jusqu’à présent, j’ai plaidé pour que la Cathédrale devienne – aussi – un lieu culturel pour la Wallonie Picarde et, au-delà, pour l’espace Lille-Courtrai-Mons. Selon les vœux de la Région Wallonne, j’encourage les concerts d’orgue, les expositions, les initiatives culturelles en tous genres. J’ai nommé un Chanoine qui a la charge de la culture (d’abord Guy Agneessens et, ensuite, Pierre-Louis Navez ; ce dernier est également Conservateur de la Cathédrale, du Patrimoine et de son Trésor).

Les deux aspects fondamentaux de la Cathédrale – liturgie et culture – manifestent le fond de la question qui me préoccupe. Les lieux de culte, en Région Wallonne, sont-ils gérés par l’Eglise catholique ou par les pouvoirs publics ? Qui a, finalement, autorité sur les lieux de culte catholique ? Bien souvent, on se réfère au point de vue budgétaire. Dans ce cas, c’est évidemment aux pouvoirs publics que la gestion revient. Et l’Eglise catholique ne peut alors que s’immiscer dans les interstices laissés libres (quelques heures par an, sans aucune possibilité d’intervenir pour la disposition des lieux – autel, lieu de la Parole, etc. – et pour les heures des célébrations). Comme évêque, il me semble que cette manière de penser ne correspond pas à la destination des lieux de culte, et surtout pas à la mission de la Cathédrale, en raison de sa place privilégiée dans le diocèse.

Par conséquent, autant je promeus la culture à la Cathédrale (Patrimoine, Trésor, Archives), autant je défends la liturgie, le culte, comme source de la mission de la Cathédrale dans le diocèse.

Signification de la Cathédrale dans le diocèse

Dans le Directoire pour le ministère pastoral des évêques « Apostolorum Successores » (Congrégation pour les évêques, 2004), au n°155, nous lisons : Parmi les églises du diocèse, la place la plus importante revient à l’« église cathédrale », qui est un signe d’unité de l’Eglise particulière, lieu où se réalise le moment le plus haut de la vie du diocèse et s’accomplit aussi l’acte le plus noble et sacré du « munus sanctificandi » de l’Evêque, qui comporte en même temps, comme la liturgie même qu’il préside, la sanctification des personnes, le culte et la gloire de Dieu. La Cathédrale est aussi le signe du magistère et de l’autorité du Pasteur du diocèse. L’Evêque doit faire en sorte que les fonctions liturgiques de la Cathédrale se déroulent avec la dignité, le respect des rubriques et la ferveur communautaire qui conviennent à celle qui est la mère des églises du diocèse, et il exhortera à cette fin le Chapitre des chanoines. Le Code de Droit Canonique (1983) exprime cela de manière très sobre : L’Evêque présidera fréquemment la célébration de la très Sainte Eucharistie dans son église cathédrale ou dans une autre église de son diocèse, surtout les jours de fête de précepte et aux autres solennités (Canon 389).

Le Cérémonial des Evêques (adaptation française du Ceremoniale Episcoporum, 1984) de 1997 donne la définition de la Cathédrale au n° 42 : L’église cathédrale est celle où est placée la ‘cathèdre’, le siège de l’évêque, signe du magistère et du pouvoir du pasteur de l’Eglise particulière, signe aussi de l’unité des croyants dans la foi qu’annonce l’évêque en tant que pasteur de son troupeau (…). C’est dans cette église qu’aux jours les plus solennels l’évêque préside la liturgie et, sauf si des circonstances pastorales suggèrent une autre solution, c’est là aussi qu’il confectionne le saint-chrême et qu’il fait les ordinations. Au n°43 : L’église cathédrale par la majesté de sa construction, évoque le temple spirituel qui s’édifie intérieurement dans les âmes et resplendit de la magnificence de la grâce divine, comme l’affirme l’apôtre Paul : « Vous êtes le temple du Dieu vivant » (2 Co 6, 16). Il faut enfin voir dans la cathédrale une figure de l’Eglise visible du Christ qui, ici bas, fait monter vers Dieu sa supplication, sa louange et son adoration ; une image de ce corps mystique dont les membres sont rassemblés par la charité, laquelle se nourrit de la grâce. Au n°44 : C’est pourquoi l’église cathédrale doit être regardée à juste titre comme le centre de la vie liturgique du diocèse. Au n°45 : On inculquera aux fidèles par les moyens les plus opportuns l’amour et la vénération envers l’église cathédrale. Y concourent en particulier la célébration annuelle de sa dédicace, ainsi que les pèlerinages que les fidèles accomplissent pour la visiter avec piété, surtout lorsqu’ils sont groupés par paroisses ou par régions du diocèse.

En relisant le Cérémonial des évêques, pour l’initiation chrétienne, j’ai proposé qu’à la vigile de Pentecôte je puisse donner, au cours d’une célébration à la Cathédrale, une catéchèse mystagogique aux adultes qui ont reçu les sacrements de l’initiation chrétienne (baptême, confirmation, eucharistie). Pour prolonger cette catéchèse, j’ai nommé des Chanoines (Jean-Pierre Mondet et Pierre-Louis Navez) qui exercent cette mission auprès des jeunes et des adultes.

J’aimerais conforter la mission du Chapitre cathédral.  De manière très simple, le Code de Droit Canonique (1983) dit : Le Chapitre des chanoines, cathédral ou collégial, est le collège de prêtres auquel il revient d’accomplir les fonctions liturgiques plus solennelles dans l’église cathédrale ou collégiale ; en outre, il revient au chapitre cathédral de remplir les fonctions qui lui sont confiées par le droit ou par l’Evêque diocésain (Canon 503). Peut-être le Chapitre pourrait-il reprendre de manière régulière la célébration de la Liturgie des Heures ; pas seulement l’Office du Milieu du Jour, mais surtout l’Office du Matin et l’Office du Soir. En même temps, n’y aurait-il pas lieu de mettre sur pied les Vigiles des Solennités ? Certes, l’Office des lectures est célébré le vendredi saint et le samedi saint. Peut-être y aurait-il moyen de discerner ce qui, pour les grandes fêtes, serait opportun. Depuis quelques années, la veillée pascale – la célébration la plus importante de l’année – et la vigile de Pentecôte correspondent parfaitement à ce souhait.

Discernement

De manière beaucoup plus vaste, au niveau de l’ensemble du diocèse, n’y aurait-il pas moyen de trouver, ensemble, la signification de la Cathédrale comme église mère ? Il est vrai que, pour ceux qui résident à Chimay, Charleroi, La Louvière ou Comines, Tournai est fort éloigné. Pourquoi l’évêque veut-il absolument que sa cathédrale soit mise en avant ? Ne serait-ce pas pour se mettre en avant lui-même ? Franchement, je ne le pense pas. Dans les réflexions théologiques en cours pour mettre en route les unités pastorales, l’inscription de la diaconie de l’Eglise dans l’ensemble de la mission pastorale, le discernement pour susciter des assemblées dominicales de qualité, le soutien du processus catéchétique lancé vers la fin des années 1990, des questions sont régulièrement posées. Où les chercheurs de Dieu, qui découvrent le Christ, vont-ils trouver des communautés chrétiennes ? Aurons-nous des signes visibles pour tous de la vitalité de ces communautés ? Que vont devenir les églises, comme lieux de culte, dans les vingt années qui viennent ? A un certain moment, les pouvoirs publics ne seront-ils pas obligés de fermer des lieux de culte dont la plupart sont des propriétés communales ?

Dans un autre registre, il est vrai que l’Eglise est d’abord constituée de pierres vivantes que sont les êtres humains qui ont été plongés dans le mystère pascal du Christ, en recevant le baptême, la confirmation et l’eucharistie. Les édifices matériels ne sont pas nécessaires pour qu’il y ait Eglise en un lieu. Tout cela est bien exact au plan théologique. En même temps, nous avons aussi besoin de repères visibles dans le paysage des villes et des villages ; nous percevons la signification symbolique de quantité de lieux qui ouvrent à la transcendance, quelles que soient les convictions de ceux qui les visitent. La Cathédrale est un lieu où, spontanément, nous nous sentons membres d’une communion très ample, très vaste, qui nous relie aux apôtres, à l’Eglise universelle, et à toutes les communautés chrétiennes qui témoignent, en tout lieu du diocèse, de la Parole de Dieu, de l’offrande du Christ dans sa Passion et sa Résurrection, du don de l’Esprit qui renouvelle l’univers. Merci pour votre aide dans cette réflexion.

Invitation à une publication théologique et historique

Le 31 janvier 1971, Mgr Charles-Marie Himmer publiait la lettre pastorale intitulée : Le huitième centenaire de la cathédrale de Tournai (Lettres pastorales, tome 12, n° 5, p. 69-80). Il voulait célébrer l’achèvement de la Cathédrale en 1171. Avec beaucoup de finesse, Mgr Himmer répondait aux objections de ceux qui trouvaient plus important de s’intéresser aux problèmes de ce temps plutôt qu’à un édifice du XIIe siècle. Depuis le commencement des recherches universitaires sur les fondements de cet édifice, qui remontent à la période romaine, pas mal d’hypothèses archéologiques sont à revoir. Je remercie les diverses associations et les divers centres d’études qui ont mis à jour des aspects insoupçonnés de la fondation de l’église cathédrale au temps des premiers évêques de Tournai, eux-mêmes contemporains de Clovis Ier (né à Tournai vers 466-mort en 511), fils de Childéric Ier (né vers 436-mort à Tournai en 481). Il serait bon qu’un ouvrage à la fois historique et théologique reprenne la signification ecclésiale de l’église de l’évêque, l’église mère du diocèse.

Ici, que tes fidèles, alentour de la table de l’autel, célèbrent le mémorial de la Pâque et se nourrissent au banquet de la parole du Christ et de son Corps.

Ici, que résonne en joyeuse offrande de louange la voix des hommes unie au chœur des anges, et que monte vers toi pour le salut du monde une incessante prière.

Ici, que les pauvres rencontrent la miséricorde, que les opprimés trouvent la vraie liberté, que tous les hommes recouvrent la dignité de tes fils, dans l’espérance de parvenir un jour, pleins de joie, à la Jérusalem d’en haut.
(Prière de dédicace, Pontifical romain, Rituel de la dédicace d’une église, 1988, p. 38).

Seigneur notre Dieu
Par l’intercession de la bienheureuse Vierge Marie
Et de tous les saints,
Accueille nos prières :
Que cet édifice que nous allons te dédier
Devienne une demeure de grâce et de salut,
Où le peuple chrétien se rassemble dans l’unité,
T’adore en esprit et en vérité
Et se construise dans la charité.
(Prière a la fin du chant des Litanies, Ibidem, p. 35).

+ Guy Harpigny,
Evêque de Tournai


Eglise de Tournai, janvier 2009 - Editorial de Mgr Harpigny