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Baudouin Ier

Le texte reproduit est extrait de l’ouvrage en préparation: Jacques PYCKE, Cent évêques sur le siège de saint Eleuthère (parution prévue fin 2008 dans la collection scientifique Tournai – Art et Histoire) 

Que sait-on de ce 36e évêque de Noyon et de Tournai, prénommé Baudouin, évêque de 1044/1045 à 1068 ?

Une origine géographique et sociale inconnue
Les auteurs anciens passent sous silence l’origine sociale et géographique du trente-sixième évêque de  Noyon et de Tournai, Baudouin, qui allait gouverner, pendant un quart de siècle, le double diocèse. Sa fidélité continue au roi de France (voir ci-dessous) permettrait de situer son origine plutôt dans le diocèse de Noyon que dans la mouvance tournaisienne. Baudouin est certainement membre d’un lignage aristocratique : son frère Anselme souscrit, en effet, en 1049, un acte épiscopal de Baudouin en tant que miles (chevalier), « en un temps où le terme est de poids, avant ses dépréciations futures ».
 
Baudouin est nommé évêque
© Frédéric GalliezA la différence de ses prédécesseurs immédiats à l’épiscopat, Harduin et Hugues, proches du comte de Flandre, Baudouin apparaît lié au roi de France. Selon la Gallia christiana, qui ne cite pas ses sources, il aurait été, avant son épiscopat, clerc de la chancellerie royale.  C’est fort possible, encore qu’il faille éviter de le confondre avec le chancelier royal homonyme qui disposait, en 1047, d’un bien en Vermandois, tenu du comte de Vermandois.
Au 11e siècle, une intervention royale dans la nomination d’un évêque est tout à fait dans la norme ; plus encore pour Noyon, un siège épiscopal particulièrement apprécié par les rois Capétiens. Les documents d’archives permettent d’assurer que Baudouin a été élu ou consacré évêque entre le 25 mars 1044 et le 29 janvier 1045. Devenant évêque de Noyon, Baudouin devenait automatiquement évêque de Tournai. Cette situation va se poursuivre pendant un siècle encore (jusqu’en 1146).
Un doute subsiste toutefois sur la légitimité de l’élection de Baudouin : son absence, remarquée, au concile de 1049, tenu à Reims en présence du pape Léon IX, laisserait entendre qu’il s’est procuré son épiscopat de manière frauduleuse (par simonie, achat du siège).
 
Un fidèle du roi de France
L’attachement de Baudouin au roi de France est certain : il se manifeste par sa présence physique répétée aux côtés du roi. Il souscrit comme témoin de nombreux actes royaux ; c’est-à-dire qu’il agit en tant que proche conseiller du roi et le suit dans ses déplacements : on rencontre ainsi Baudouin à Saint-Quentin en 1046, à Soissons en 1047, à Senlis en 1048, à Paris en 1053, à Reims en 1059.
Non seulement nous sommes encore à une époque où le roi s’entoure de puissants laïcs et d’évêques pour le conseiller, mais les évêques et les grands abbés constituaient de puissants relais au recrutement de l’armée : le roi pouvait compter sur Baudouin pour l’envoi de contingents à son ost. Enfin, Baudouin s’est également chargé de la garde de certains prisonniers « politiques ».
Les relations entre Baudouin et le roi de France Henri Ier se seraient intensifiées au cours des années car, le 23 mai 1059, Baudouin est nommé le premier, parmi les évêques qui assistèrent dans la cathédrale de Reims au sacre du jeune Philippe Ier, son fils aîné, alors âgé de sept ans ! Le jeune roi est près de l’évêque Baudouin à Corbie et à Senlis en 1065, à Lille et à Reims en 1066, à Gand en 1067.
 
Un évêque fondateur et consécrateur d’églises
Baudouin connaît des liens privilégiés avec les abbayes du Mont-Saint-Quentin et de Saint-Barthélemy de Noyon, dont il augmente les revenus en 1064. En 1063, il fonde la collégiale d’Harelbeke et en 1066, il procède à la consécration de la collégiale Saint-Pierre, à Lille. En 1067 enfin, peu de mois avant sa mort, il consacre la nouvelle église abbatiale de Saint-Bavon à Gand, en présence du roi de France, du comte de Flandre et de l’évêque de Cambrai. Dans la foulée, il procède à l’élévation solennelle des reliques de saint Macaire, patriarche d’Antioche. 

Un évêque qui a le souci de la mémoire
C’est sous son épiscopat que le chancelier et trésorier du chapitre cathédral de Noyon, Guy, entreprend une compilation « destinée à conserver le souvenir des donations faites au chapitre cathédral de Noyon aux 10e et 11e siècles, accompagnée de remarques d’ordre chronologique ou généalogique, qui en font en même temps un obituaire sans ordre ».
Il a dû exister un document du même ordre (aujourd’hui perdu) à Tournai, puisque Baudouin est le plus ancien personnage mentionné dans l’obituaire de la cathédrale. C’est-à-dire que, chaque année, depuis 1068 jusqu’à la Révolution française, les chanoines de la Cathédrale faisaient mémoire de cet évêque au cours de leur office (normalement l’office de prime), le 28 avril.
 
Un évêque fort attaché au culte des reliques
Durant tout son épiscopat, Baudouin attache une grande importance au culte des reliques : il assiste à de nombreuses élévations et transferts (translations) de reliques, dans chacun de ses deux diocèses, dont celles de saint Éloi pour sa cathédrale de Noyon (en provenance du monastère de Saint-Leu) ; celles de saint Florbert (1049), de saint Bavon (en 1059) et de saint Macaire (1067) pour les abbayes de Saint-Pierre et de Saint-Bavon de Gand. Il accueille également à Noyon les reliques de saint Amand, que les moines de l’abbaye de Saint-Amand (-les-Eaux) ont véhiculées dans le diocèse, en vue de récolter des fonds pour les aider à rebâtir leur église incendiée (1066).
Est-il intervenu également à propos des reliques de saint Éleuthère pour sa cathédrale de Tournai (jusqu’alors conservées à Blandain) pour remplacer celles, perdues, de saint Nicaise ?
 
Les circonstances incertaines du transfert à Tournai des reliques de l’évêque Eleuthère
© Frédéric GalliezLe 11e siècle est une période violente. Les princes essaient d’agrandir leurs principautés, en utilisant tous les moyens et en profitant de toutes les opportunités. Le comte de Flandre Baudouin V dit de Lille profite d’une mésentente entre le duc de Haute-Lotharingie Godefroid le Barbu et l’empereur germanique Henri III. Les conséquences sont tragiques pour Tournai : en 1054, les troupes impériales s’emparent du château comtal dans l’île Saint-Pancrace (emplacement du futur quartier de Saint-Nicolas), défendu par des militaires fidèles au comte de Flandre, sous la direction du comte Lambert de Louvain. Une ancienne chronique de Flandre conclut de manière laconique : « Victor Henricus urbem expugnat, diripit, direptamque incendit » (traduction : [L’empereur] Henri fut le vainqueur. Il prit d’assaut la ville, il la mise à sac et, l’ayant pillée, l’incendia »). Il faut réexaminer attentivement tous les témoignages de cette époque. La paix entre le comte de Flandre et l’empereur ne revint qu’en 1056, par la mort de Henri III et l’intercession de son épouse, l’impératrice Agnès.
D’autres documents nous assurent qu’un incendie a bien eu lieu à la cathédrale de Tournai un 23 juillet, entre les années 1056 et 1063. Il n’est pas impossible que ces deux témoignages - saccage de Tournai et incendie de la cathédrale – doivent se recouper.
Il n’est pas impossible non plus que c’est au cours de cet incendie que la cathédrale de Tournai perdit les précieuses reliques de saint Nicaise, un des premiers archevêques de Reims !
Se trouvant sans reliques, l’Eglise de Tournai dut se tourner vers celles d’un évêque local, Eleuthère, conservées dans l’église voisine de Blandain. Connaissant le rôle joué par l’évêque Baudouin dans le culte des reliques, on peut penser que celui-ci soit intervenu pour ce transfert (on parle de « translation »), que la Vita seconda sancti Eleutherii situe au 25 août 1064. Ici également, l’histoire est tellement encombrée de légendes, qu’elle exige un examen minutieux de tous les témoignages.
 
Un évêque de Noyon attaché également au diocèse Tournai
En règle générale, Baudouin porte le titre d’évêque de Noyon ou des Noyonnais, même lorsqu’il intervient dans le diocèse de Tournai, et même dans les écrits de l’abbaye gantoise de Saint-Bavon. A deux reprises seulement, il porte le double titre d’évêque de Noyon et de Tournai : dans un acte de 1046 et dans un autre de 1047, tous deux pour l’abbaye de Saint-Pierre de Gand et … tous deux réécrits tardivement, au temps de l’évêque Simon, lequel utilisait fréquemment le double nom !
Il n’empêche que cet évêque n’a pas totalement négligé son diocèse tournaisien : il est à Gand en 1049 (translation de reliques), à Gand également en 1058 et pour la même raison, à Lille en 1065 et 1066, à Harelbeke en 1063, à Gand enfin en 1067 pour une consécration d’église et une élévation de reliques. Si les actes de 1046 et de 1047 pour Saint-Pierre de Gand sont exacts (voir ci-après), Baudouin serait également attesté à Tournai ces deux années-là.
La fouille minutieuse de la sépulture épiscopale nous apprendrait-elle quelque chose d’autre sur le lien entre Baudouin et sa cathédrale de Tournai ? Et notamment expliquer la présence et l’emplacement particulier de cette sépulture dans cette église du 11e siècle ?
 
La mort de l’évêque
Baudouin mourut en 1068, selon toute vraisemblance le 28 avril, puisque la mémoire de son décès (son obit, sa commémoration annuelle) est célébrée ce même jour à la cathédrale Notre-Dame de Tournai, à l’abbaye de Saint-Amand, à l’abbaye de Saint-Bavon à Gand, à la cathédrale Notre-Dame de Noyon, à l’abbaye Saint-Eloi de Noyon et à l’abbaye du Mont-Saint-Quentin, peut-être également à l’abbaye Saint-Barthélemy de Noyon; au lendemain, 29 avril, à Saint-Pierre de Lille.
Sa dépouille mortelle a été recueillie à la cathédrale de Tournai. L’absence de mobilier liturgique précieux pourrait s’expliquer par le décès d’un évêque loin de son siège épiscopal de prédilection.

Des légendes qui ont la vie dure…

Selon le chroniqueur Molanus – repris par tous les historiens locaux jusqu’à J. Warichez –, la reconstruction ( ?) de la cathédrale et la venue des reliques de saint Éleuthère auraient amené les Tournaisiens à revendiquer l’autonomie de leur diocèse. Dans ce contexte, Baudouin, soucieux de maintenir l’union, serait même allé à Rome pour défendre les privilèges de l’Église de Noyon et s’opposer à une division du grand diocèse double de Noyon–Tournai (laquelle deviendra effective en 1146). Il en serait résulté une bulle du pape Alexandre II du 20 mars 1073, confirmant le maintien du diocèse double de Noyon–Tournai. Rien de ceci n’est assuré et la bulle du pape Alexandre II du 20 mars 1073 est considérée comme suspecte par les diplomatistes (elle donne notamment à Baudouin le titre d’episcopus Noviomensium, Tornacensium atque Flandrensium !).
 
 
Une autre légende – on le sait maintenant – est la soi-disant sépulture de l’évêque à Noyon. Il s’agit d’une « tradition » rapportée par le chanoine Cousin (1620), et répétée inlassablement jusqu’à Warichez. Rien, dans les documents authentiques qui concernent Baudouin – pas même dans les actes qui regardent Saint-Barthélemy de Noyon – n’atteste cela. Et pour cause…
Voici le texte du chanoine Jean COUSIN, Histoire de Tournay ou Quatre livres des chroniques, annales, ou Démonstrations du Christianisme de l’Evesché de Tournay, Douai, 1620, livre 3, p. 91 : « Du règne de Baulduin de Monts, sçavoir est, l’an 1068, comme a escript Meier, deceda Baulduin Evesque de Noyon et de Tournay (…). Il fit bastir l’an 1064, hors les murs de la cité de Noyon, un monastère à l’honneur de S. Barthelemy au sommet du mont dict « des monuments », où il ordonna des Chanoines de l’ordre S. Augustin, et depuis y a été inhumé ». En marge de ce texte, Jean Cousin a précisé la source de son information : «Meier, Demochares et François de Belleforest au premier tome de la Cosmographie universelle ».
Allons voir cette source (conservée dans la Réserve précieuse de la Bibliothèque de l’Université de Louvain-la-Neuve). « Meier » renvoie à la chronique latine de Jacques MEYERUS, publiée à Anvers en 1561, sous le titre Commentarii sive Annales rerum Flandricarum libri septendecim. L’auteur parle effectivement de l’évêque Baudouin au fol. 25 v° : « MLXVIII. Eodem anno obiit Balduinus Noviomagensis episcopus successore Ratbodone » (traduction : La même année 1068 mourut Baudouin, évêque de Noyon, Radbod lui succédant ». Aucune mention de sépulture… Dans l’état actuel des recherches, on pourrait songer à une confusion de Cousin avec l’évêque Baudouin II de Noyon, mort en 1167.
 
D’autres légendes enfin ont trait à l’arrivée des reliques d’Eleuthère. Suivant les récits hagiographiques (textes littéraires à usage liturgique rapportant les faits et gestes d’un personnage qualifié de saint), peu fiables sur le plan historique, un ecclésiastique du temps, profitant de l’incendie de la cathédrale, se serait emparé des précieuses reliques de saint Nicaise, pour aller les offrir… à l’archevêque de Reims Gervais !  Au moment d’aller chercher de nouvelles reliques, à savoir celles de saint Eleuthère à Blandain, les Tournaisiens se seraient heurtés aux Blandinois en armes. A la suite d’un prodige attribué à Eleuthère lui-même, les flèches se seraient retournées contre ceux qui les lançaient ! L’arrivée des reliques de saint Eleuthère à Tournai demande, lui aussi, un réexamen minutieux.

Les actes diplomatiques délivrés par l’évêque Baudouin 

© Frédéric GalliezLe 1er avril 1046, Baudouin donne à l’abbé Wichard et à l’abbaye de Saint-Pierre de Gand, les revenus de l’autel d’Oostburg et ceux de la chapelle d’Ijzendijke qui en dépendait, que le comte de Flandre Baudouin V avait résignés entre ses mains. – Cette donation est actée dans deux documents originaux différents à GENT, Rijksarchief, fonds Sint Pieters, n° 125 et « ad datum (II,12) ». Selon Nicolas HUYGHEBAERT, Chartes épiscopales fausses pour Saint-Pierre au Mont Blandin, ce document serait tenu pour faux, mais il possède un sceau authentique de l’évêque Baudouin, attaché à la charte par une courroie de cuir. Cette charte aurait, en effet, été réécrite au 12e siècle pour remplacer un acte qui ne satisfaisait plus aux exigences du droit canon. L’intitulé de l’acte est : Balduinus, servus servorum Dei, Noviomensium ac Tornacensium antistes (traduction : Baudouin, serviteur des serviteurs de Dieu, évêque des Noyonnais et des Tournaisiens). L’acte est délivré à Tournai, publice, c’est-à-dire « au grand jour », en présence d’un nombre élevé de personnalités ecclésiastiques et civiles : leurs noms occupent 5 colonnes au bas de l’acte. On y reconnaîtra, en haut de la 4e colonne, le comte de Flandre Baudouin V, qui porte le titre pompeux de marchysus (marquis !).
 
Le 28 mars 1047, Baudouin déclare solennellement que l’abbé de Saint-Pierre à Gand, Wichard, a racheté à un certain clerc nommé Lisbrand et à son neveu Godefroid, les revenus de l’autel de Saint-Pierre de Hollain et de la chapelle de Rumegies qui en dépend. – Cette déclaration épiscopale a fait l’objet d’une charte, conservée en original à GENT, Rijksarchief, fonds Sint Pieters, n° 126 ; le texte en a été réécrit au 12e siècle. Les diplomatistes parlent alors de « copie figurée ».   L’acte est intitulé cette fois, Baldwinus, sanctae Noviomensis vel Tornacensis aecclesiae gratia Dei antistes (traduction : Baudouin, par la grâce de Dieu évêque de la sainte Eglise de Noyon et de Tournai). L’acte est également délivré à Tournai, publice, « au grand jour », en présence de tous les doyens de chrétienté du diocèse de Tournai et de personnalités civiles : il aurait donc été donné lors d’un synode, qui réunissait autour de l’évêque les principaux responsables religieux du diocèse.
 
En 1063, le 25 mai, Baudouin confirme la fondation du chapitre collégial de Saint-Sauveur à Harelbeke, par le comte de Flandre Baudouin et la comtesse Adèle (entre 1035 et 1042), dans l’église située au cœur d’un domaine comtal. Comme l’original a disparu, il faut être extrêmement prudent si l’on veut utiliser les copies de l’acte. Baudouin y est est intitulé : gratia Dei Noviomensis episcopus (traduction : par la grâce de Dieu, évêque de Noyon) et l’acte a été délivré à Harelbeke.
 
En mai 1064, durant la même vingtième année de son épiscopat, Baudouin notifie, sur place, la fondation d’une abbaye dans la petite église Saint-Barthélemy, construite aux portes de Noyon. Quelques jours plus tard, il proclame solennellement cette fondation, dans le chœur de la cathédrale de Noyon, en présence de très nombreux clercs et laïcs, après la lecture de l’Evangile. Le chancelier de Baudouin utilise ici un  troisième terme pour le qualifier d’ « évêque » : Balduinus, Dei gratia  praesul ecclesiae Noviomensis.
 
Le 4 août 1066, Baudouin est présent à Lille, avec d’autres évêques : il souscrit l’acte de fondation du chapitre collégial de Saint-Pierre, par le comte de Flandre Baudouin V, en accord avec sa femme Adèle et son fils Baudouin. L’évêque Baudouin,  Noviomensis episcopus, n’apparaît qu’en finale de l’acte.
 
Au jour de son décès, Baudouin est inscrit dans l’obituaire de la cathédrale de Tournai : TOURNAI, Archives de la Cathédrale, Registre 83, fol. 47verso : IIII kalendas maij. Ipso die obiit Balduinus ep[is]c[opus] (traduction : 28 avril. Anniversaire du décès de Baudouin, évêque).
 
La Chronique des évêques de Tournai du début du 16e siècle se trompe, en attribuant à l’évêque Harduin ce qui doit revenir à notre Baudouin : Et encoire durant ledit Bauduin, Hardin evesque fonda Sainct Pierre de Lille. Après ledit Harduin succeda Bauduin. Apres Bauduin succeda Raboudus, lequel ordonna faire sollempnelle procession … (traduction : Pendant le règne du comte de Flandre Baudouin [V de Lille], l’évêque Harduin fonda [la collégiale] Saint-Pierre à Lille. Après Harduin, ce fut Baudouin qui lui succéda. Après Baudouin, ce fut Radbod qui lui succéda ; lequel recommanda de faire une procession solennelle …) (TOURNAI, Bibliothèque de la Cathédrale, manuscrit B 1, fol. 6 recto).