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Les vitraux

© Pierre PeetersImpossible de parler des vitraux de la Cathédrale Notre-Dame sans mentionner la catastrophe qu'a représentée pour elle l'explosion de la poudrière de la citadelle de Tournai, à l'occasion du siège de 1745. Tout l'ensemble des verrières a volé en éclat et nous a privés de trésors incomparables.

Les débris de ces vitraux, que les auteurs anciens s'accordent à appeler magnifiques, furent relevés et les lacunes comblées par du verre ordinaire. Il faudra attendre la grande restauration du XIXe siècle pour que, dans les années 1845 à 1848, le grand artiste Jean-Baptiste Capronnier soit chargé d'en réinstaller les parties les plus vénérables en d'autres endroits que le chœur d'où elles provenaient.

C'est dans la Chapelle Saint-Louis que l'on trouve les fragments des plus anciens vitraux de Notre-Dame. Ils datent du XIVe siècle et décoraient à l'origine les fenêtres basses du chœur. Il s'agit de représentations de cinq saints accompagnés de leurs attributs traditionnels. Capronnier les a insérés dans de grandes verrières très simples et leur a ajouté la figure du roi Saint Louis, à qui la chapelle est dédiée.

Les vitraux du rez-de-chaussée des transepts nord et sud, s'admiraient également, avant l'explosion, dans douze fenêtres du chœur. Leurs scènes particulièrement lumineuses datent du XVIe siècle et plusieurs d'entre elles portent la signature d'Arnoult de Nimègue, dont on trouve de nombreux vitraux en Normandie. Contrairement à une tradition fréquente dans les cathédrales, ils ne représentent pas des souvenirs hagiographiques ou bibliques mais des scènes liées à l'histoire ecclésiastique locale.

© Pierre PeetersDans le transept sud s'illustrent les origines de la souveraineté temporelle des évêques de Tournai et les privilèges du chapitre de la Cathédrale, à raison de deux tableaux par fenêtre. Dans un autre foisonnement de couleurs, ceux du transept nord nous narrent l'origine de l'évêché de Tournai et les efforts déployés, notamment par Saint Bernard, pour obtenir enfin du Pape la séparation des diocèses de Tournai et de Noyon, qui avaient été réunis au début du VIIe siècle.

Le travail admirable de Capronnier a redonné nouvelle vie à ces chefs d'œuvre rescapés en leur ajoutant une série de nouvelles couleurs.

Dans la chapelle de prière, au déambulatoire sud, nous trouvons trois grands vitraux particulièrement intéressants. Celui de la fenêtre de gauche est le plus vénérable: il fut reconstruit ici par Capronnier après la décision des restaurateurs du XIXe siècle de le déloger de la façade occidentale, où il se resplendissait depuis le milieu du XVIe siècle.  Ce vitrail de façade daté de 1526 était de telle qualité qu'il était essentiel de le conserver. Il représentait "La Prière du Peuple Chrétien à Notre-Dame": malheureux et malades, le pape, les évêques et les princes de l'époque y invoquent la Vierge, Notre-Dame des Malades. Avec beaucoup de bonheur, Capronnier en réarrangea les éléments dans la fenêtre gothique de cette chapelle. Les deux autres vitraux sont de sa main et illustrent par la technique en vogue au XIXe siècle deux grands moments du Concile de Vatican I: la proclamation du dogme de l'Assomption de la Vierge et celle de l'infaillibilité du Pape.

Les fenêtres du chœur gothique ont bénéficié, lors de la restauration du XIXe siècle d'une attention et d'un traitement particulièrement soignés.

© Pierre PeetersDans la partie supérieure du chœur, on trouve les grandes figures du christianisme, depuis le Sauveur, la Sainte Vierge jusqu'aux apôtres, docteurs de l'église et évangélisateurs de nos contrées avec leurs emblèmes ou leur nom. La facture est celle du XIXe siècle. Dans les fenêtres basses du chœur, les mêmes sujets sont repris dans une infinité de petits tableaux qui représentent la vie de Christ et de la Vierge, de nombreux saints, mais particulièrement ceux qui sont honorés dans le diocèse. Beaucoup de ces fenêtres portent les armoiries de leur donateur.

Enfin, dans la chapelle absidiale, appelée Chapelle de Notre-Dame Flamande, Capronnier a été encouragé à produire trois splendides fenêtres qui comportent trente-six médaillons réalisés dans le plus style du XIIIe siècle. Ils illustrent la vie de la Vierge par des vitraux dits légendaires, qui forment un véritable livre d'images.

Dans les salles capitulaires figurent également quelques vitraux intéressants de Camille Wybo, artiste plus local, qui rachètera plus tard les ateliers Capronnier. Il a également assuré la restauration du grand vitrail de Croy en 1935.

F. VANDE PUTTE