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Le trésor

L’origine du Trésor

Dès 817, année de la fondation du chapitre cathédral, les chanoines veillèrent à conserver leurs archives. Dans le même temps, les évêques et le chapitre s’intéressèrent aux reliques dont la possession assurait le prestige de leur église. Le culte des reliques est donc à la base du trésor de la cathédrale Notre-Dame, comme il est à l’origine de ceux de maintes églises de la chrétienté.

Les châsses

Au début, les restes des saints étaient contenus dans des coffres en bois, plus ou moins précieux, bardés de fer et munis de plusieurs serrures dont les clés étaient réparties entre différents responsables. Au cours des âges, le coffre en bois sera toujours primordial, mais enchâssé dans l’ivoire, l’or et l’argent.

La cathédrale conserve un coffret reliquaire mérovingien et une boîte à reliques en ivoire du XIIe s.

La création des châsses et d’autres reliquaires, parfois anthropomorphes, parfois simples monstrances, conçus comme des œuvres d’art procède de deux  idées fortement ancrées dans la mentalité du Moyen-Age, de la Renaissance, malgré les critiques protestantes, du XVIIIe s., en dépit du rationalisme ambiant et même des XIXe s. et XXe s..

Et même si, au sein de l’Eglise, de nombreux réformateurs tonnèrent contre les richesses, rien ne parut ni trop beau, ni trop riche pour Dieu.

C’est que l’idée platonicienne du Bien, du Beau et du Bon formant le Transcendant fut christianisée : le concept de la beauté fut assimilé à celui de Dieu. Toute beauté, dans la  nature ou dans les œuvres humaines devait mener à la contemplation de Dieu, parce qu’elle est un reflet du Divin.

D’autre part, la distinction théologique entre contemplation et action aboutira à des conclusions, discutables voire fallacieuses, qui réserveront le spirituel et la contemplation aux hommes et aux femmes consacrés à Dieu, et aux laïcs, la gestion du matériel et des activités nécessaires à la vie paroissiale.

C’est ainsi que les laïcs se mirent à offrir le matériel que les clercs leur rendirent en spirituel. Nobles et bourgeois, membres des corporations et pèlerins se mirent alors à offrir or argent pierreries et petits bijoux qui serviront à acheter des reliques et à créer de merveilleux écrins aux reliques vénérées.

La conservation et les aléas du Trésor

Très tôt, il y eut dans la cathédrale, une trésorerie ou chambre bien protégée où l’on gardait les reliquaires, les beaux objets de culte et les livres richement enluminés.

C’est dans cette salle gothique et dans d’autres du XVIIe s. et XVIIIe s. que sont exposés les ivoires, les orfèvreries, les peintures, les statues, les boiseries sculptées, la paramentique et les tapisseries qui forment le trésor de la cathédrale.

Ce trésor fut dévasté à plusieurs reprises. L’on pense évidemment aux iconoclastes et aux révolutionnaires français, mais il faut mentionner les ponctions imposées par le pouvoir, comme celles de Louis XIV qui demanda au chapitre un effort pour ses guerres en lui procurant de l’or et de l’argent, résultat de la fonte obligée d’objets culturels. Il est également arrivé qu’une partie des orfèvreries fût volontairement fondue. Comment thésauriser outre mesure alors que la charité fraternelle imposait d’aider les victimes des épidémies et des famines ou d’intervenir dans le paiement d’une rançon ou du rachat des captifs des flottes musulmanes ? Les chanoines avaient évidemment prévu un budget important pour les aumônes. Mais parfois, l’impossibilité de rassembler rapidement d’énormes sommes eut raison des œuvres d’art...

Incontestablement, cependant, c’est la révolution française qui porta le coup le plus rude au trésor. Fort heureusement, les subterfuges imaginés par les chanoines permirent de conserver les pièces principales de l’orfèvrerie. Beaucoup d’autres œuvres d’art furent sauvées. Mais les sculptures et les peintures souffrirent de leur exposition publique. L’un des deux Rubens du maître-autel, « La victoire de Judas Maccabée sur Nikanor » prit à tout jamais le chemin du musée de Nantes.

Après la signature du Concordat et le recouvrement d’une partie de son trésor, le chapitre hérite de quantité d’objets culturels et de vêtements liturgiques des abbayes et couvents supprimés, d’églises ruinées ou disparues dans la tourmente révolutionnaire. Ainsi le trésor compte-t-il dans ses biens une partie des œuvres des abbayes de Saint Martin, de Saint Nicolas, de Vicoigne et de Saint Ghislain, supprimées par les porteurs de liberté.

Des paroisses de Tournai et des environs avaient confié leurs objets précieux aux Ursulines. Celles-ci qui avaient, par l’enseignement des jeunes filles pauvres, une raison sociale d’exister furent peu inquiétées pendant les troubles de la fin du XVIIIe s. Elles remirent au chapitre ce qui ne leur avait pas été réclamé. Cela permit de renflouer un trésor largement amputé par la rage destructrice des révolutionnaires et les convoitises de ceux qui se présentaient comme tels.

A voir parmi

● Les orfèvreries

1.      Châsse de Notre-Dame de Nicolas de Verdun (1205)

2.      Châsse de Saint-Eleuthère, travail mosan (1247)

3.      La Croix reliquaire à double traverse (13e s.)

4.      La torche des Damoiseaux (éléments divers XIV, XVI, et XVIIe s.)

5.      Le « Quignon » de la même confrérie (Mors de chape du XVIe s.)

6.      Châsse des Damoiseaux,  œuvre d’argenterie (1571)

7.      Des reliquaires

8.      Des ciboires, calices et pyxides du XIIIe s. au XXe s.

9.      Des ostensoirs du XVIe s. au XXe s.


● Les ivoires

1.      Coffrets à reliques mérovingien et roman

2.      Plats de reliure d’évangéliaire processionnel (VIIIe s. ou XIe s.)

3.      Sceau du chapitre : l’exemplaire le plus ancien d’Europe occidentale (XIIe s.)

● Les tapisseries

1.      Les tapisseries de chœur des Saint-Piat et Eleuthère tissée à Arras (Seules tapisseries arrageoises avérées) et livrées à la cathédrale en 1402


● Les sculptures

1.      Vierge à l’enfant : Bourgogne (Autun) vers 1460

2.      Pieta en bois polychrome (XVIe s.)

● Les tableaux

1.      Christ sortant du tombeau. Italie XIVe s. (Maestro Dei Scrovegni ?)

2.      Marie-Madeleine (Flandres XVe s.)

3.      Panneaux de l’école de de le Pasture (van der Weyden) (XV e s.)

4.      Christ aux outrages Quentin Metsijs (XVI e s.)

5.      Jugement de Salomon de Pourbus (XVI e s.)


● Les ornements liturgiques (paramentique)

1.      Chasuble portée par Saint Thomas Beckett (XII e s.)

2.      Manteau de Charles Quint (XVI e s.)

N. Par manque de place et pour des raisons de conservation, quelques ornements seulement sont exposés parmi les plus de 800 pièces conservées du XII e s. au XX e s.

 

Reste à signaler parmi les acquisitions récentes (2009)

      Une pince à encens du XV e s. où le mot Tournai est bien lisible (don de Mr Henri Verne)

      Une descente de croix de l’atelier Rogier de le Pasture (XV e s.) (copie de l’original du Prado) (don des Sœurs Clarisses)

      Les mules du Pape Adrien VI (Adriaan Florizoon) XVI e s.

      Un bonnet de pèlerinage (Moyen-Age à dater) et un autre probablement byzantin (dons de Mr et Mme Viérin)


Quelques photos...