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La rosace

© Marie BouillonDès le XVIe siècle, le mur roman de la façade occidentale de la Cathédrale avait été percé d'une grande ouverture gothique. Cette transformation était peu compatible avec le vénérable ensemble roman de la nef du XIIe siècle, mais depuis longtemps, l'époque n'était plus à ce style jugé primitif et barbare.

En 1526, l'évêque Charles de Croy avait fait remanier tout le porche gothique du XIVe siècle et loger dans la partie supérieure une grande fenêtre ogivale pourvue de magnifiques vitraux. 

Lors de la dernière grande restauration de la Cathédrale, au XIXe siècle, un problème sérieux se posait aux spécialistes à propos de cette façade. Leur objectif principal était de rétablir la pureté du style roman des origines. Dans la foulée des travaux de Viollet-le-Duc en France, l'idée de "déposer" la grande verrière de Croy et de la remplacer par une rosace germa bientôt. On trouvait, en effet, ce type de fenêtre dans une série de cathédrales de la même époque de transition, mais ces rosaces 'romanes' sont généralement bien plus petites et beaucoup moins ouvragées que celles que l'on verra fleurir partout à l'époque des cathédrales gothiques.

Il apparaît clairement aujourd'hui que l'option choisie par les restaurateurs fut de favoriser la vision de la Cathédrale depuis l'intérieur, quitte à sacrifier en partie la cohérence du projet architectural de la façade vue de l'extérieur. Il fut donc décidé de construire une grande rosace d'inspiration romane qui s'inscrirait idéalement sous la voûte du XVIIIe siècle, mais interrompait plus malencontreusement les lignes de la façade.

© Pierre PeetersCette œuvre de 7 mètres de diamètre a été conçue par un architecte lillois, Charles César Benvignat, de la mouvance Viollet-le-Duc, mais sera modifiée par Justin Bruyenne, l'architecte tournaisien qui avait repris le flambeau de Bruno Renard pour la restauration.

La fenêtre prend la forme d'une rose divisée en seize compartiments. Elle est pourvue d'une verrière remarquable réalisée dans le style médiéval, qui est un don de Mgr Gaspard Labis. Elle est une œuvre remarquable du grand artiste verrier belge, Jean-Baptiste Capronnier, qui travailla à maintes reprises pour la Cathédrale de Tournai.

Au centre, nous trouvons Marie, vierge-mère, représentée à la manière romane d'une Sedes Sapientiae, située entre l'Alpha et l'Omega, qui, comme le cercle, signifient le commencement et la fin de toute chose. Elle est magnifiée par trois zones circulaires qui l'entourent. La première est composée d'un chœur de têtes de chérubins. La zone du milieu présente les douze signes du zodiaque, scandés par les représentations des quatre saisons. Dans la dernière zone, figurent seize prophètes qui ont annoncé la venue du Messie, avec une suggestion de leur message sur des phylactères. L'on retrouve ce genre de prophètes dans la statuaire du porche.

Toute la création, le ciel et la terre, célèbrent ainsi d'une même voix le Christ présenté par sa Mère.

F. VANDE PUTTE