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Le roman

© Pierre PeetersQuiconque pénètre dans la Cathédrale par la grande porte du porche ne peut qu'être surpris par la majesté du spectacle qui s'ouvre à ses yeux. La nef romane frappe par sa hauteur et l'harmonie de ses proportions, qui en font l'un des chefs d'œuvre de l'Occident médiéval. Sa construction, d'une remarquable unité, est datée maintenant de la fin du XIe siècle ou des toutes premières années du XIIe siècle.

Les dix travées du rez-de-chaussée scandent un impressionnant volume dont la clarté étonne. Elles s'ouvrent sur des basses nefs aux voûtes d'origine. Le premier étage consiste en de spacieuses galeries destinées aux déambulations des pèlerins qui venaient nombreux visiter le sanctuaire au Moyen Âge. Leurs voûtes leur ont été ajoutées au XVIIe siècle en remplacement de plafonds plats, du même type que celui qui surplombait la nef centrale lors de la construction. En effet, à l'origine, au lieu de la large voûte du XVIIIe siècle qui recouvre la nef, l'on trouvait un plafond de bois peint qui ne disparut qu'en 1754. Au-dessus des galeries, un triforium actuellement aveugle, suite à la voûtaison des bas-côtés des galeries, mène à de hautes fenêtres lumineuses.

Un changement de plan en cours de construction explique l'épaisseur des murs qui entourent le narthex, là où le projet primitif prévoyait deux tours. Une décision un peu tardive leur préféra la couronne de quatre tours qui encadrent la tour lanterne centrale. Cette même évolution du plan primitif explique également la différence de taille des premiers piliers, nettement plus frustres par rapport à la partie plus centrale de l'édifice roman. Les colonnes sont ornées de centaines de chapiteaux dotés de motifs végétaux, ou ailleurs d'une décoration animale ou humaine, correspondant parfois à des épisodes de l'histoire du sanctuaire ou de l'évêché. Beaucoup y voient une influence byzantine. Ils étaient, au départ, tous polychromés, tout comme l'ensemble de la nef était peint de couleurs vives. Des traces de couleurs sont d'ailleurs encore bien visibles sur de nombreux exemples. 

Si la grande nef frappe par sa majesté, le visiteur reste confondu devant le transept roman. C'est ici que la Cathédrale Notre-Dame fait montre de la plus grande originalité. Annonçant déjà l'apparition du nouveau style gothique qui sera bientôt en honneur en France, cette partie de l'édifice, qui s'organise autour de la tour lanterne entièrement romane, reprend en plus élancé la structure de la grande nef. Pour compenser la nouvelle élévation qui culmine majestueusement dans les deux absides circulaires, les constructeurs rachètent progressivement les différences de niveaux par deux sections scandées par des arcades en ogive. Une influence anglo-normande s'y fait jour, plus que l'influence rhénane, mais les solutions adoptées sont indigènes et très originales pour l'époque, se développant en dehors de toute école d'architecture établie. Cette originalité se marque particulièrement dans la façon de soutenir les voûtes par de lourds bandeaux de pierre.

Si le chœur de cette église romane a disparu, les sondages récents effectués à l'occasion des travaux de stabilité du chœur gothique ont permis de constater qu'il occupait à peu près la moitié du chœur actuel. Nous pouvons encore en deviner l'apparence et la majesté en observant les absides du transept et en constatant comme il était ceinturé par une double galerie de déambulatoire. Celui-ci prolongeait certainement les galeries des pèlerins de la nef et du transept. On y accédait pour les cérémonies processionnelles par l'immense escalier de pierre de la Tour Brunin, dont les travaux en cours viennent de redécouvrir l'entrée solennellle.

© Pierre PeetersL'observation de la construction romane depuis l'extérieur, dans son splendide décor de pierre de Tournai, rappelle tous les éléments que nous avons signalés. Des traces de peinture retrouvées à maints endroits prouvent, aux yeux des archéologues du bâti, que la Cathédrale romane était entièrement enduite et peinte, exception faite peut-être des cordons de pierre qui encadrent les fenêtres. Cette pratique aurait été abandonnée vers le XVIe siècle.

Le pur style roman des deux tours orientales indique qu'elles ont été terminées en premier, immédiatement après l'impressionnante tour centrale, tandis que la transition de style des deux tours occidentales nous suggère clairement l'époque de leur achèvement sous l'influence gothique naissante. 

F. VANDE PUTTE