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Les peintures murales

© Marie BouillonLa cathédrale Notre-Dame de Tournai présente d'importantes traces de peintures murales, qui, malheureusement, ne sont guère visibles à cause des travaux en cours.

Parmi les plus anciennes figurent celles réalisées dans les chapelles hautes des petits narthex de la nef romane vers 1170. Au-dessus de la Porte du Capitole, une chapelle dédiée à Sainte Catherine nous montre encore de magnifiques exemples relativement bien conservés de peintures, notamment une Crucifixion, avec un Christ d'une modernité inattendue entouré de la Vierge et de l'Eglise, la Légende de Sainte Catherine et quelques rosaces de consécration Les peintures retrouvées dans la chapelle de Sainte Marie-Madeleine, de l'autre côté de la nef, au-dessus de la Porte Mantile, datent elles aussi de la construction de l'étage de ce porche mais sont en bien moins bon état.

Lors de la fin des travaux du transept, deux œuvres nettement plus monumentales voient le jour. Le premier ensemble, sur le mur oriental du croisillon nord, est consacré à la Légende de Sainte Marguerite d'Antioche et a dû son remarquable état de conservation au décor qui l'avait longtemps caché aux yeux. La peinture s'étale sur sept registres et atteint une hauteur de plus de 15 mètres. Des dessins aquarellés ont pu en être réalisés au XIXe siècle et nous en livrent une bonne vue générale. Le style des peintures est empreint de byzantinisme et le fond bleu des scènes est décoré avec un luxe inouï de lapis-lazuli. Les spécialistes semblent s'accorder pour situer ces peintures vers 1170.

Symétriquement à cet ensemble, l'on trouve dans le croisillon sud des traces de peintures tout aussi importantes, mais moins bien conservées. Le thème en est La Jérusalem Céleste. Cette œuvre de la fin du XIIe siècle, qui occupe tout le haut du mur, a été restaurée récemment. On y distingue encore un groupe d'anges et l'entrée d'une cité entourée de ses murailles.

La période gothique nous a légué beaucoup moins de traces encore visibles à la Cathédrale. Ceci ne doit nous surprendre que partiellement, étant donné la structure même du sanctuaire dont l'ossature et les grandes ouvertures lumineuses offrent peu de possibilités picturales. On n'y trouve que de rares surfaces pleines.

© Marie BouillonSi l'on conserve bien quelques traces de peinture originale dans les arêtes de la Chapelle Saint-Louis – bien que rafraîchie au XIXe siècle -, l'ensemble du chœur a été largement pourvu de décors néogothiques qui ont fait disparaître la quasi-totalité de l'ancienne décoration ou de peintures originales. Seules subsistent pour l'instant quelques figures d'anges fort estompées dans l'actuelle Chapelle de Prière. Ils sont vêtus de tuniques vertes et portent des banderoles qui se rapportent à la mort et la résurrection du Christ. Ils sembleraient pouvoir être datés de la seconde moitié du XIIIe siècle.

La décoration du chœur a connu tellement de changements et de vicissitudes que nous avons énormément de peine à imaginer, au travers de quelques restes néogothiques ou dans certaines chapelles tardives, ce que sa magnifique parure de couleurs peut avoir été à la véritable époque gothique.

F. VANDE PUTTE