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Les ornements

Toutes les archives s'accordent pour affirmer que le vestiaire liturgique de la Cathédrale a jadis été extrêmement riche. A travers les siècles, nombre d'évêques et de chanoines ont légué à l'église des chasubles, des mitres, des dalmatiques, des chapes, pour ne rien dire ici des tapisseries ou autres textiles décoratifs. Les Ordinaires de la Cathédrale, qui figurent toujours aux archives, prescrivaient lesquels de ces ornements devaient être portés lors des grandes fêtes du calendrier liturgique.


On retrouve encore actuellement beaucoup de ces pièces inestimables dans les sacristies et le "revestiaire", c'est-à-dire la salle où les célébrants revêtent les ornements sacrés. Seulement, l'histoire et ses vicissitudes ainsi que les modes changeantes sont passées par là.

© Pierre PeetersAinsi, lors de la tourmente iconoclaste du XVIe siècle, une bonne partie des ornements précieux ont été déchirés, détruits ou volés, tandis que d'autres étaient cachés en dehors de la ville. Certains de ces vêtements rescapés ont à leur tour été détruits ou dénaturés à l'occasion des changements de goût des XVIIe et XVIIIe siècles. Que dire également des disparitions à l'occasion des exactions révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle! Des pièces vestimentaires furent déposées en gage par les sacristains ou cachés dans des maisons privées. Certaines disparurent ou furent détruites par crainte de perquisitions par l'occupant.

Au début du XIXe siècle, le nouvel évêque, Mgr Hirn, entre autres soucis, se trouva devant l'énorme tâche de reconstituer une garde-robe digne de sa cathédrale. Il récupéra des éléments qui avaient échappé à la Révolution et parvint à racheter des ornements provenant de plusieurs abbayes supprimées. Ses successeurs, et particulièrement Mgr Labis, s'efforcèrent de compléter l'ensemble, qui comporte également le revestiaire contemporain.

C'est ainsi que la Cathédrale Notre-Dame dispose encore actuellement d'un patrimoine textile remarquable de bien plus de 800 pièces de toutes époques. Pour des raisons de changements dans la liturgie autant que de conservation, ces œuvres, qui sont parfois extrêmement délicates, ne sont plus portées qu'aux grandes occasions et ne peuvent que rarement être exposées au Trésor pendant de longues périodes. 

Au rang des plus vénérables, citons la chasuble portée vers 1170 par Thomas Becket de Canterbury, tissée en soie et pourvue d'orfrois de fils d'or. Des ensembles illustrent le XVe siècle, comme la chape de l'abbé de Saint-Martin en velours ciselé, les chasubles de Mgr Chevrot et de Mgr Fillastre. Parmi les trésors du XVIe siècle, figure en bonne place la chape confectionnée à partir du manteau de Charles Quint. L'ornement de deuil offert par les chanoines Steenhuyze comporte chasubles, dalmatiques et chapes du XVIIe siècle dont les broderies sont basées sur des dessins de Rubens. L'ornement Cotrel, chasubles et mitre, la chape et la mitre de l'abbé de Vicogne représentent de superbes produits du XVIIIe siècle. Des éléments réalisés pour Mgr Hirn, comme sa mitre, et pour Mgr Labis, avec son 'Grand Rouge de Lyon', figurent également parmi les trésors les plus précieux.

D'autres pièces textiles, comme des tapisseries, des broderies ou l'antependium de l'Arbre de Jessé complètent l'incroyable richesse du revestiaire de la cathédrale. Comme les ornements liturgiques, elles sont régulièrement l'objet des soins attentifs d'un groupe de dames de l'ouvroir qui en assurent l'entretien.

F. VANDE PUTTE