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Le gothique

L'abord de la partie gothique de la Cathédrale Notre-Dame par l'extérieur est quelque peu trompeur. En effet, beaucoup de ses décorations, comme ses pinacles, ses balustrades, ses fleurons, résultent d'ajouts tardifs, notamment au cours de la grande restauration du XIXe siècle. Avant l'époque de ces changements préfigurant l'esprit néo-gothique, l'aspect du chœur était des plus sobre – voire sévère - et d'une grande pureté de ligne. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, cette partie de l'édifice n'était d'ailleurs pas fort visible, entouré qu'elle était de maisons hautes. L'élancement du choeur est soutenu par une série d'arcs-boutants qui durent être doublés au XIVe siècle.

Le vaisseau gothique est le plus impressionnant lorsqu'il est découvert de l'intérieur, avec ses six travées droites complétées par une abside à sept pans. Sa verticalité est surprenante pour un édifice du début du XIIIe siècle, de même que sa luminosité. Il se partage en trois zones d'élévation: les hautes arcades des travées du rez-de-chaussée aux tympans décorés de rosaces, le triforium avec ses baies composées de deux lancettes jumelées, et les 19 fenêtres hautes du clair étage. Son style est réputé avoir été inspiré par les constructions contemporaines de Soissons et d'Amiens.

Le chœur proprement dit est ceinturé d'un large déambulatoire, - appelé 'carolles' dans le vocabulaire régional -, qui s'ouvre sur une multitude de chapelles peu profondes: cinq chapelles rayonnantes dans l'abside – dont la chapelle absidiale souvent dénommée la chapelle Notre-Dame Flamande -, cinq chapelles au nord, approfondies au XVIe siècle, et cinq autres au sud, flanquées de l'actuelle chapelle de prière – l'ancien revestiaire - et de la salle du trésor. Tous ces espaces étaient richement décorés d'autels et, comme le chœur lui-même – parfois appelé sanctuaire -, de riches clôtures de marbre jusqu'à la Révolution française.

Deux événements dramatiques ont détruit une grande partie des anciens décors du chœur. Le saccage iconoclaste en 1566 a fait disparaître la plus grande partie de son décor médiéval. La Révolution française à son tour s'en prend à tout le mobilier intérieur, stalles, autels, cuivres, marbres, cloches, - mobilier qui reflétait déjà largement les transformations du goût au cours des époques baroque et classique.

Heureusement, la réouverture de la cathédrale après 1800 a permis de recréer peu à peu une décoration digne de la majesté du lieu. Ce sera essentiellement l'œuvre des deux évêques du XIXe siècle: Mgr François-Joseph Hirn et Mgr Gaspard-Joseph Labis. Le premier récupèrera nombre d'œuvres en provenance d'abbayes démantelées, comme le pavement du chœur et l'autel de St-Martin, tandis que le second entama une restauration qui dura plus de quarante années. 

D'autres parties de la Cathédrale témoignent également de la vague de construction gothique: la terminaison des deux tours occidentales au début du XIIIe siècle, la chapelle Saint-Louis, qui flanque le bas-côté sud de la nef romane (1299), le porche occidental (XIVe siècle), la grande verrière de 1526 reconstituée dans la Chapelle de Prière. Par contre, la riche chapelle Paroisse Notre-Dame, qui datait du début du XVIe siècle et longeait tout le bas-côté nord de la nef romane, n'est plus qu'un souvenir suite au bombardement de mai 1940.

Mais c'est sans conteste le chœur lui-même qui impressionne le plus les visiteurs par son ampleur, son élévation, sa pureté. Sa confrontation avec la sévérité de la nef romane et l'audace du transept a indubitablement été l'élément le plus décisif dans le processus d'inscription de la Cathédrale Notre-Dame au Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 2000. 

F. VANDE PUTTE