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Histoire de l'Eglise

L’Eglise, nous le savons, est fondée sur les Douze Apôtres. L’Apocalypse de Saint-Jean proclame la gloire de la Jérusalem du Ciel et dit : « Les remparts de la cité avaient douze assises, et sur elles, les douze noms des douze apôtres de l’Agneau » (Ap 21,14). Ces douze apôtres (du nom grec apostolos qui signifie envoyé), le Christ les a envoyés jusqu’aux extrémités de la terre (Mt 28,19 ; Ac 1,8). Ce chiffre douze est en référence aux douze tribus d’Israël, images de la plénitude du Peuple de Dieu. Jésus, de façon claire, institue également Pierre comme le chef et le garant de l’unité du groupe des Douze.

Les Eglises chrétiennes (catholique, orthodoxe et anglicane) ont toujours considéré les évêques comme les successeurs de douze apôtres. C’est ce que proclame le credo de Nicée-Constantinople : « Je crois en l’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique ». Aux premières années de l’Eglise, les apôtres imposèrent les mains à ceux qui recevaient mandat pour perpétuer leur ministère ; ils reçurent le nom d’episcopos (dont nous retrouvons la consonance dans les mots évêque, vescovo, bishop, etc.). Pendant longtemps, l’épiscope fut le seul responsable de l’Eglise locale. Mais très vite, l’évêque confia à son tour à d’autres d’assurer, en son nom, le baptême, la présidence de l’Eucharistie et le ministère de la Parole. En ce sens, on peut dire que le seul prêtre dans un diocèse, c’est l’évêque ; les prêtres n’exercent leur mission qu’en partage et délégation de celle de leur évêque. C’est aux seuls évêques qu’il revient d’ordonner des prêtres et d’ordonner d’autres évêques. C’est ce qu’on appelle la succession apostolique. C’est la stricte rigueur de cette succession apostolique qui fonde l’authenticité et la légitimité des pouvoirs assumés par l’évêque et des pouvoirs qu’il délègue aux prêtres. Relevons toutefois que les Luthériens, en principe fidèle à cette succession, la conçoivent différemment. Les anglicans affirment quant à eux avoir toujours respecté la succession apostolique, mais, en 1896, le pape Léon XIII déclara que l’authenticité de la succession apostolique anglicane n’avait pas été respectée, et donc déclara invalides les ordinations sacerdotales qui s’en suivirent. C’est là, aujourd’hui encore, la principale source des difficultés entre les Eglises catholique et anglicane. Quant aux calvinistes, ils conçoivent l’ensemble de la vie ecclésiale tout autrement.

Tout au long des siècles, les évêques ont toujours eu le souci d’être associés aux autres évêques dans une coresponsabilité de l’Eglise universelle. Cette coresponsabilité a été consolidée encore au concile Vatican II : conférences épiscopales qui réunissent les évêques d’un même pays ou d’une même région, synode des évêques, concile œcuménique.  

Par son ordination épiscopale, l’évêque (toujours choisi parmi les prêtres) reçoit la plénitude de l’ordre sacerdotal ; c’est lui qui a la charge et la responsabilité d’enseigner (annonce de la Parole de Dieu et précision de la doctrine), de sanctifier (par la vie sacramentelle) et de gouverner la portion du Peuple de Dieu qui lui a été confiée. Si le sacerdoce plénier n’appartient qu’à l’évêque, les relations entre évêques et prêtres ne sont pas seulement de nature hiérarchique ; fondamentalement, ils participent au même sacerdoce. Mais c’est au nom de sa responsabilité dernière du Peuple de Dieu que, depuis le Xe siècle (dans l’Eglise d’Occident), c’est l’évêque qui confère le sacrement de confirmation, reconnaissance officielle de l’appartenance à l’Eglise.

Chanoine G. AGNEESSENS